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La pensée kabyle en contexte d’agression: conférence de Mass Younes Adli

Avec l'Association franco-kabyle Idlès à Paris

L’Association franco-kabyle Idlès organise une conférence débat avec l’historien  Younes Adli sous le thème: La pensée kabyle en contexte d’agression , ce samedi 30 juin 2018 à 14h au niveau de la  Maison des Associations du 11ème Arrondissement, 8 rue du Général Renault, 75011 Paris.

Mass Adli avait abordé cette question de pensée kabyle dans plusieurs conférences notamment cette dernière au fil du temps ainsi que La pensée kabyle : survivance d’une grande civilisation. Au cours de cette conférence à venir l’historien va expliciter cette question de pensée kabyle en contexte d’agression : soyez nombreux pour assister à ce rendez-vous avec l’histoire Kabyle .

Younes Adli est chercheur, linguiste et historien. Il a été, pendant un certain temps, le directeur de l’hebdomadaire « Tamurth », (Le Pays). Il a publié plusieurs ouvrages dont « La Kabylie à l’épreuve des invasions, des phéniciens à 1900 »,,« Si Muhand Ou M’hand, errance et révolte », «Arezki L’Bachir», puis ,« la Pensée Kabyle», entre autres. De prime abord, l’assistance qui fut nombreuse se posait des questions légitimes. Existe-il une pensée kabyle ? Si oui, comment se défini-t-elle ? Qui sont ses portes flambeaux, et en quoi serait-elle différente des autres pensées au point d’avoir des particularités. Younes Adli, dans un kabyle fluide, a entamé sa conférence en déroulant son discours de façon claire et suivie, en bon enseignant qu’il est. Selon l’auteur de la Pensée Kabyle, « Si Muhand Ou M’hand a ouvert un chemin que nous continuons à suivre ». Il a été le témoin de son époque. « En le suivant, nous avons trouvé un plaisir à découvrir d’autres facettes de notre culture ». Il a combattu l’envahisseur avec sa parole, au moment où d’autres ont choisi l’utilisation du fer comme arme de résistance et de combat. Il y a ainsi le cas d’Arezki L’Bachir. Il a été un modèle comme Si Muhand. Après son arrestation, son procès avait été couvert par une quinzaine de journaux. Il avait voulu susciter une révolution similaire à celle de 1871. Le gouvernement français a essayé de négocier avec lui, mais il avait rejeté son offre. Le contexte socio-historique a permis l’émergence du poète Si Muhand et du Résistant Arezki.

Cette pensée kabyle, selon l’ancien directeur de publication de l’hebdomadaire Tamurt /Le Pays dans le début des années 1990, qui a cessé de paraître depuis, est le prolongement de la pensée amazighe qui, elle, remonte à très loin dans le passé, et dont on n’a pas encore percé tous les secrets. Laânaya (la protection), qui a traversé les siècles, existait déjà avant Carthage, puisque, selon l’auteur, Elissa Didon, fondatrice de cette cité, fuyant son frère le roi Tyr, reçut la protection du roi amazigh Yerbas et s’établit sur les côtes amazighes. Pour M. Adli, cette pensée kabyle se présente dans tous les domaines de vie de la société.
Elle est politique dans la gestion des affaires de la cité avec tajmaât (assemblée du village) ; juridique dans le droit coutumier ; économique dans l’hypothèque et autres pratiques dans les transactions entre les membres du groupe, pratiques saluées par Durkheim, Kovalovski, Marx, Engels et Rosa Luxembourg ; religieuse dans la tolérance et la séparation de la foi des affaires de la cité ; et même écologique, puisqu’à titre d’exemple, un villageois n’avait pas le droit d’abattre un arbre, même lui appartenant, sans l’aval de tajmaât. Mais aussi une pensée profondément humaniste, qui met l’humain au centre de ces préoccupations. Pas de prison, et le bannissement remplace les vendettas en cours ailleurs. Pas de guerre de religions. À cet effet, Adli citera Boukabrine, qui a dit lors d’un voyage en Égypte, pour dénoncer les crimes commis au nom de la religion : “Man wadhaâ el-amir fi makan el-dhamir fa houa haqir” (qui met le prince à la place de la raison est un méprisant). En somme, pour l’auteur, la pensée kabyle aux XVIIe et XIXe est la survivance d’une grande civilisation, dont a parlé Hérodote et chez qui venait Alexandre le grand consulter l’oracle auprès de la Sibylle libyque.

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