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contribution / Soutien pour un compagnon de lutte

Par solidarité aux Mozabites durant les « événements de Ghardaïa », Salim Yezza, militant des Droits de l’homme, a exprimé dans un poste publié le 25 janvier 2014 sur Facebook en langue arabe, sa vision et son constat politique concernant ces événements. Une publication, sur laquelle l’autorité judiciaire algérienne, s’est appuyée pour l’incarcérer injustement 4 ans après.

En effet, dans un premier temps, Salim, considère objectivement, que l’élément religieux, qui est dans la culture confessionnelle amazighe, un élément relevant du domaine privé, s’est avéré inefficace quand il est question du combat pour le respect de la vie et la dignité humaine. À ce propos, Karl Marx, qui n’est pas Amazigh à l’évidence, disait sur la religion : « La religion est le soupir de la création opprimée, l’âme d’un monde sans cœur, de même qu’elle est l’esprit d’un état de choses sans esprit. Elle est l’opium du peuple. » Pour autant, mérite-t-il, lui aussi, d’être accusé « d’appel à la haine » par contumace ?

Dans le même ordre d’idées, Salim considère, que mettre en avant l’humanisme et l’appartenance à une nation Amazigh plusieurs fois millénaire, véhiculant des valeurs universelles, telles que : la liberté, le respect et la solidarité, ne peuvent être que bénéfique pour lutter contre le racisme et l’oppression à outrance, qu’exerce l’État Algérien à l’encontre des amazighs en général.

Yezza, constate amèrement et regrette dans sa publication, l’indifférence de l’opinion algérienne. Qu’il soit : citoyen, association de défense des droits de l’Homme, politique, député ou autres… Face au drame Mozabite. Un constat qui est largement partagé dans le milieu militant.

Il reste également interrogatif, quant à l’intérêt naturel que porte l’opinion algérienne dans son ensemble, aux situations d’atteinte aux droits de l’Homme au-delà des frontières algériennes, à l’instar du Polisario et de la Palestine, et le silence assourdissant quant aux violations des libertés à l’intérieur du territoire algérien.

Une réalité socio-politique, qui est le résultat d’une idéologie rétrograde, mise en place depuis l’indépendance de l’Algérie, pour remplacer la tolérance par la haine et la solidarité par l’indifférence.

Salim Yezza considère à juste titre, que devant l’injustice, il est primordial de montrer à l’opinion internationale une solidarité entre citoyens sans équivoque. À défaut, c’est l’image du pays et des individus qui est ternie.

Il termine son analyse, en disant : « Face à la tyrannie, je me place du côté de l’opprimé. Ce qui détermine mon choix, ce n’est pas la couleur de la victime, ni son appartenance ethnique, encore moins sa religion, forte soit-elle. Ce qui détermine mon engagement en faveur de mes semblables, c’est ma fibre militante. »

Il y a dans la vie politique algérienne, d’innombrables exemples d’appels à la haine publiquement, sans que leurs auteurs soient inquiétés par la justice. Une réalité qui ne surprend personne. Compte tenu du régime en place.

En dictature, le président, est un président à vie, il est même l’incarnation du peuple, pour reprendre la formule du Président Algérien. Ce qui me fait penser aisément à la vision de Nietzsche de l’État : « L’État, c’est le plus froid de tous les monstres froids, et voici le mensonge qui sort de sa bouche : moi, l’État, je suis le peuple. »

Notre ami Salim Yezza, ce bas justement, pour que l’État, ne soit pas l’incarnation du peuple, mais l’incarnation de la volonté du peuple.

Enfin, que ce soit : Salim Yezza, Massinissa,TouatiOyabbaZefzafi Le droit de dire ce que l’on pense est un droit naturel et légitime, je ne peux, que joindre ma voix à toutes celles, et à tous ceux qui se battent pour les libérer des geôles de la honte.

Y.Cheraiou
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