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Marche des libertés: libérons Merzouk Touati

Quelles que soient nos divergences ce qui nous unit est plus fort; Mas Bouaziz Ait Chebib

Communiqué:

Quelles que soient nos divergences, ce qui nous unit est plus fort.

La Kabylie est devenue une prison à ciel ouvert. Elle traverse aujourd’hui une des périodes les plus dangereuses et décisives de son histoire. La Kabylie fait face à des méthodes perverses et diaboliques parmi lesquelles nous pouvons citer :

– Une forte dynamique de dépersonnalisation du peuple kabyle qui mobilise tous les instruments idéologiques du régime colonial arabo-islamique, notamment les médias lourds, les écoles, les lieux de culte, les administrations et l’ensemble des organisations de masse ;
– L’accroissement de la pauvreté, des inégalités sociales, du chômage et de la précarité ;
– La corruption généralisée et la précarisation de la santé dont la prise en charge ne s’organise plus qu’à travers la solidarité sociale en Kabylie ;
– L’instrumentalisation des corps dits de sécurité, totalement défaillants dans la sécurisation des biens et des personnes mais hautement performants dans la répression et le harcèlement des militants politiques pacifiques ;
– L’occupation et le contrôle militaire de l’espace géographique kabyle sous prétexte d’une lutte contre un terrorisme islamiste dit “résiduel” mais qui ne subsiste qu’en Kabylie depuis l’amnistie générale des terroristes islamistes, alors qu’il était inexistant en Kabylie, au plus fort de son activité criminelle durant la décennie noire ;
– Le sabotage économique, la lourdeur bureaucratique et le chantage fiscal systématique ;
– Le sabotage volontaire et prémédité de l’écosystème par la destruction de la faune et la flore du territoire kabyle, notamment par les incendies réguliers de centaines de milliers d’hectares de forêts, comme les oliveraies très anciennes, sources de revenus pour beaucoup de familles ;
– L’insécurité généralisée sciemment entretenue par la prolifération des actes de violence (kidnappings, agressions et assassinat de citoyens dans l’impunité totale, et dont les derniers en date sont ceux du militant associatif Abdelhak Benchelli, de Mokrane Khelfane dit Hamiche, du chanteur engagé Hamid Beztout, d’Aghilas Hadjou, de la petite Nihal, de l’étudiant H. Djamel ( pour ne citer que les affaires les plus médiatisées) ;
– L’instrumentalisation et la sous-traitance de la terreur et de la voyoucratie, pour ébranler les codes de conduite propres à la Kabylie, autrefois efficacement codifiés par les assemblées villageoises, pour faire plier ainsi un peuple farouchement résistant ;
– La pénalisation et le musellement de toute voie progressiste s’opposant à la promotion préméditée et outrancière de l’obscurantisme à travers l’ensemble des institutions de l’État algérien (école, justice, administration) ;
– Les atteintes gravissimes à la liberté d’expression et d’opinion accompagnées d’accusations d’intelligence avec l’ennemi contre tout opposant ou journaliste osant remettre en cause l’ordre colonial établi, à l’instar du jeune souverainiste kabyle Massinissa Benalliaou condamné à une année de prison ferme, et du jeune blogueur kabyle Merzoug Touati, condamné en appel à sept ans de prison ; et ce après le décès d’un autre journaliste dans les prisons algériennes. L’emprisonnement des Kabyles assumant publiquement leur diversité confessionnelle, à l’instar du citoyen kabyle de confession chrétienne, Slimane Bouhafs, qui fut condamné à trois ans de prison pour atteinte à la religion “officielle” ;
– L’empêchement et la répression des rassemblements, meetings et conférences des souverainistes kabyles sous le prétexte fallacieux de l’absence d’autorisation ;
– L’interdiction des rencontres organisées par des centres culturels et cafés littéraires activant pourtant dans le cadre des lois algériennes, pour peu que leurs invités échappent au contrôle de la corruption politique et financière érigées comme mode de gouvernance. En revanche, les conférences visant à détourner l’histoire et à verser dans le négationnisme et le révisionnisme ne souffrent, quant à elles, d’aucune interdiction ;
– L’interpellation des chanteurs engagés après leurs concerts, à l’instar de Oulahlou, Saïd Kessas, Zeddek Mouloud et Karim OSM ;
– Le chantage politico-économique contraignant des militants souverainistes à renoncer à leur engagement en faveur d’une Kabylie libre pour sauvegarder, en contrepartie, leurs emplois et leurs droits civiques (blocage de passeports) ;
– Des candidatures kabyles aux élections locales algériennes ont d’ailleurs été disqualifiées car soupçonnées de proximité avec les souverainistes.

Notre solidarité est la seule arme que nous possédons pour faire reculer le pouvoir colonial algérien et l’obliger à respecter les personnes et les peuples qu’il opprime et réprime sans être jamais inquiété par les organisations sensées défendre les droits des peuples.

Indépendamment de toute étiquette politique et partisane, il devient urgent de dégager une voie de résistance commune.

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